Adieu Michel Aubelle.
Par Hugues Rondeau, vendredi 5 février 2010 à 17:38 :: Billet du jour :: permalien #702
Un peu tardivement, je reviens sur la tragique disparition le 23 janvier dans l’Allier de l’un des collaborateurs de l’Etablissement Public de Marne-la-Vallée, Michel Aubelle. Je le connaissais depuis plus de douze ans et je dois avouer avoir toujours eu plaisir à travailler avec lui. Il est de rigueur de faire un panégyrique du disparu, ne fût-ce que par respect pour ses proches. Mes mots sont loin d’un exercice d’usage mais viennent directement de mon cœur.
C’était à la fois un homme discret, extrêmement réservé et en même temps d’une rare courtoisie. Je ne me souviens d’aucun échange qui ait été aigre entre lui et moi durant cette décennie écoulée. Et puis devrais-je passer sous silence son professionnalisme ? Il a su tout au long des années être un interlocuteur patient de la collectivité territoriale et nouer des relations étroites avec les directeurs des services techniques qui se sont succédés à ce poste.
Un récent article du Parisien que j’ai trouvé particulièrement fielleux, mais cela ne m’étonne guère vu son auteur, Gille Cordillot, laissait sous-entendre que l’actuelle situation difficile des salariés d’EPAMARNE et leurs conditions de travail auraient pu conduire à un tel geste. Bien évidemment, je ne peux élucider à moi seul les raisons – car ayant sûrement leurs racines profondes dans une évolution psychologique compliquée – du suicide de monsieur Aubelle.
Je me risque cependant à un semblant ou un début d’explication. Contrairement à ce que j’ai pu donc lire, c’est moins l’actuelle réorganisation - du reste évidemment nécessaire compte tenu de l’évolution des missions dévolues à l’EPAMARNE par l’Etat - qui est en question à mes yeux, que sûrement le legs du passé. Je n’hésite pas à écrire que j’ai vécu pendant les plus de deux ans où Jean-Pierre Weiss a été directeur général de l’Etablissement Public des moments de tension terribles entre lui et moi. Ce qui était une friction naturelle entre un élu, soucieux de son territoire, et le représentant, soit-il uniquement préoccupé d’aménagement des pouvoirs publics, tourna à l’affrontement. J’ai en tête, comme une douleur lancinante et un sentiment de colère qui ne s’est jamais apaisé, les affronts que j’ai dû encaisser et les couleuvres avalées. Et ce climat délétère affectait aussi l’intérieur de l’Etablissement Public. N’est-il pas juste de dire que la chape de plomb subie par les salariés n’a pu aller qu’à l’encontre de leur épanouissement ? Je me souviens des manifestations devant les portes de l’Orangerie, lieu traditionnel de réunion pour nos conseils d’administration, et également des déclarations des délégués du personnel qui à cette époque se faisaient les porte-paroles des salariés inquiets pour leur sort et préoccupés par la manière dont ils étaient traités. Traités, oui, car c’est bien là le mot que j’entends employer, me rappelant simplement la violence verbale qu’usait monsieur Weiss à l’encontre de ses subordonnés. J’ai le souvenir d’un ton péremptoire et de termes peu choisis caractérisant les premières réunions plénières que nous avions ensemble. Elles se sont vite estompées à ma demande, puisque je n’avais pas l’intention de fréquenter un instant de plus ce personnage.
Alors bien sûr, il serait également ridicule d’attribuer à ces seuls jours difficiles, et heureusement derrière nous, le désespoir de Michel Aubelle. Mais un mensonge également de les passer sous silence et de feindre, dans un unanimisme de mauvais aloi et un consensus ridicule, qu’il ne pourrait pas y avoir quelque origine à chercher dans ces terribles mois que furent pour EPAMARNE et pour ses interlocuteurs, collectivités locales, le temps écoulé de la fin 2003 à 2005.
Enfin, laissons de coté les recherches de responsabilité pour conserver notre estime à Michel Aubelle et avouer que nous sommes bien tristes qu’il ne soit plus là.
Commentaires
1. Le vendredi 5 février 2010 à 17:57, par restons humble
2. Le vendredi 5 février 2010 à 18:07, par n'importe quoi ....
3. Le vendredi 5 février 2010 à 19:06, par Témoin
4. Le vendredi 5 février 2010 à 22:24, par Azia
5. Le samedi 6 février 2010 à 09:40, par Azia tics
6. Le dimanche 7 février 2010 à 08:02, par joseph
7. Le lundi 8 février 2010 à 09:30, par Pour le post 2
8. Le lundi 8 février 2010 à 09:49, par Philippe Naudin
9. Le lundi 8 février 2010 à 12:09, par lettre Atsem
10. Le lundi 8 février 2010 à 13:07, par Pan sur le bec
11. Le lundi 8 février 2010 à 13:45, par Disparition de M Aubelle
12. Le lundi 8 février 2010 à 14:41, par Mr Weiss
13. Le lundi 8 février 2010 à 14:48, par j'ai lu l'article
14. Le mardi 9 février 2010 à 11:38, par mick
15. Le mardi 9 février 2010 à 12:58, par Bussy-Saint-Georges toujours dans le rouge
16. Le mardi 9 février 2010 à 14:35, par 22000000
17. Le mardi 9 février 2010 à 15:02, par Très instructif le Parisien
18. Le mardi 9 février 2010 à 18:20, par Retard .......
19. Le mercredi 10 février 2010 à 10:05, par Pour post 18
20. Le mercredi 10 février 2010 à 12:50, par T' as raison
21. Le mercredi 10 février 2010 à 13:01, par holé
22. Le mercredi 10 février 2010 à 14:54, par Pour le post 21 olé olé
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